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Infogramme est le site de Vincent Audette-Chapdelaine.

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27 juin 2010

Les vases communicants

Source: Lara Tunbjork; The New York Times, via UnhappyHipsters

Le monde physique (objets, routes, tuyaux, etc.) est destiné à devenir de plus en plus connecté à Internet, prédisent IBM et le MIT Senseable Lab. Les objets se comporteront alors en fonction des données qu’ils capteront de leur environnement et des systèmes dont ils font partie et avec lesquels ils interagissent.

Lorsque nous aurons réalisé cet «Internet des choses», nous aurons accès à une masse de données provenant de notre entourage matériel. Données desquelles nous pourrons dégager du sens et que nous pourrons utiliser pour «optimiser» nos maisons, nos villes, et carrément, nos vies.

On aura aussi ouvert la porte à de nouvelles possibilités d’interaction avec notre environnement physique. Par exemple, on fera plus facilement le suivi de l’état de notre patrimoine matériel, le tout directement en ligne. Il sera possible de programmer des conditions du genre «SI la pinte de lait est à 85% vide ET que je ne pars pas en voyage dans les prochains jours, ACHÈTE une nouvelle pinte de lait». On pourra également mettre au point des «playlists» d’ambiances qui combineront musique, éclairage, température, images sur les murs, etc.

Lorsque tout le monde aura un inventaire de son patrimoine matériel en ligne, il est à prévoir que beaucoup opteront pour la transparence totale et mettront ces données à la disposition de leur réseau d’amis, voire au grand public. Ce sera là un outil formidable pour la recherche sur les habitudes de consommation des gens. Mais chacun pourra aussi, pourquoi pas, fouiller dans la bibliothèque, voire dans le frigo de ses voisins, connaître leur consommation en eau et en électricité, et ainsi de suite. On pourra aussi se créer des alertes, du genre: «SI quelqu’un à moins de 100 mètres de chez moi achète une souffleuse à neige, M’AVERTIR lors de la première tempête l’hiver prochain».

Bien sûr, il sera toujours possible de se limiter aux objets «déconnectés», ou du moins garder nos données privées, mais ce ne sera pas l’option économique, à la mode et par défaut…

L’Internet des choses rendra-t-il vraiment possible une planète plus intelligente? Ou est-ce un pas de trop dans la voie de la complexification de notre monde?

14 janvier 2010

L'influence d'Internet sur la pensée

Comment Internet modifie-t-il votre manière de penser? Voilà la question de l’année de l’influent webzine intellectuel The Edge. Pas moins de 167 auteurs de tous les milieux ont exploré la question de tous les angles. Si la question vous intéresse, vous êtes servi.

Pour Lee Smolin, un réputé physicien du Perimeter Institute, il serait faux d’affirmer qu’Internet a transformé notre façon de penser. C’est plutôt le contexte dans lequel on pense qui a changé.

«We used to cultivate thought, now we have become hunter gatherers of images and information. This speeds things up a lot but it doesn’t replace the hard work in the laboratory or notebook which prepares the mind for a flash of insight. But it nonetheless changes the social situation of that mind. Scholars used to be more tied to the past through texts in libraries than to their contemporaries. The Internet reverses that by making each of our minds a node in a continually evolving network of other minds.» (lire l’essai au complet)

Dans son essai, Smolin observe aussi qu’Internet a eu pour effets d’«aplanir» les communautés scientifiques («Blogs, email and Internet data bases put everyone in the community on the same footing»); de les délocaliser («You don’t need to travel to see or give talk»); de les synchroniser («Everyone gets the news about the new papers at the same time every day. Gossip spreads just as fast on blogs.») et de les élargir («It creates communities of diverse thinkers who would not otherwise have met»).

Il me semble indéniable qu’Internet a considérablement transformé le contexte dans lequel la connaissance circule. Mais je ne crois pas qu’il soit possible de persister dans ce nouvel environnement sans que soit à son tour transformé notre façon de penser.

Si nous accédons différemment à la connaissance, n’apprendrons-nous pas différemment? Et si nous apprenons différemment, peu à peu, ne penserons-nous pas différemment?