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2 octobre 2011

Projet 997: Ventes éclair de produits culturels indépendants québécois

Dans le merveilleux monde du commerce électronique, le modèle des ventes éclair (flash sales) a le vent dans les voiles, et mérite, à mon avis, qu’on s’y attarde. Le concept est le suivant. Il s’agit de créer une boutique accessible uniquement sur invitation, et d’y offrir chaque jour une sélection d’items en vente à grands rabais pour une durée limitée de 24h ou 48h. Ce modèle contribue à créer autour de la boutique une communauté fidèle et fière de son accès exclusif, chaque jour à l’affut de nouvelles ventes. Les invitations se répandent grâce aux membres, qui peuvent y attirer leurs amis en échange de rabais supplémentaires. Ceci contribue à faire connaître le service, qui en réalité n’est pas aussi exclusif et difficile d’accès qu’on le laisse croire.

Une dimension importante du succès des ventes éclair est la qualité de la sélection effectuée. Souvent, un commentaire éditorial est fourni pour offrir un contexte et personnaliser la vente. S’en dégage une présomption, généralement justifiée, de qualité des produits offerts, un autre incitatif à l’achat. Une confiance se crée entre le vendeur et les acheteurs, qui forment en quelque sorte une même communauté, qui partage des goûts communs relativement spécialisés, et mutuellement à l’affût autant de bons prix que de bons produits.

Ce modèle est omniprésent dans le secteur de la mode, avec par exemple Gilt et la montréalaise PRIVÉ. Amazon l’explore également avec sa récente boutique MyHabit. On voit aussi le modèle apparaître dans d’autres secteurs, et l’exemple le plus notable est sans doute Fab, qui s’adresse aux amateurs de design. On y vend toutes sortes de produits, dont, à l’occasion, des magazines et des livres. Si ça vous intéresse, je vous recommande vivement cette entrevue avec le fondateur Jason Goldberg.

Voici donc l’idée que j’ai rapidement esquissé lors d’une intervention au BookCamp vendredi. Il pourrait être intéressant de tenter la mise sur pied d’une boutique suivant ce modèle et s’adressant aux amateurs de culture indépendante québécoise. Notez le choix de cibler le public amateur de culture indépendante en général, et non seulement de littérature. Je crois qu’il vaut mieux cibler un public très spécialisé (les amateurs de «culture indépendante», un concept qui dépendra grandement de la qualité de la sélection éditoriale effectuée en amont) et offrir une diversité de produits (littérature, musique, etc.), que de choisir une famille précise de produits (les livres) et d’offrir des produits s’adressant à des publics différents (jeunesse, adulte, etc.).

Cette boutique de produits culturels indépendants québécois pourrait, j’ose croire, susciter un certain intérêt et permettre d’hausser les ventes des livres, albums, films, revues, fanzines, billets de spectacles et autres productions culturelles indépendantes d’ici, en version matérielle ou numérique. Cela pourrait également servir d’occasion d’accroître l’accessibilité aux produits de nombreux éditeurs et producteurs qui n’ont pas les moyens, ou l’intérêt, d’investir dans une distribution nationale classique.



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